Portabilité transfrontière des contenus. Une fausse bonne idée de l’Europe. #DSM

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Étant abonné Netflix et voyageant régulièrement à l’étranger, j’ai remarqué à plusieurs reprises que les films et séries qui m’étaient proposés différaient selon les pays où je me trouvais.

Je pouvais commencer un film sympa en Suède et ne pas pouvoir le finir en France, car rendu indisponible dans le catalogue FR. Ou alors le commencer en France en version française et n’avoir accès qu’à la version doublée en espagnol en Espagne.

Oui c’est regrettable, mais malgré le fait qu’on soit tous sur Internet, un réseau connecté mondial conçu pour le partage des connaissances, il existe encore des frontières invisibles comme celles-ci.

Et n’allez pas pointer du doigt Netflix ou d’autres acteurs, car il ne s’agit pas spécialement de leur volonté. C’est plutôt, comme toujours, un problème ou plutôt une exigence imposée par les ayants droit pour garder leurs griffes bien accrochées à leurs royalties et continuer encore et toujours à remplir leur porte monnaie avec de la donnée qui ne leur coûte à rien à copier-coller à l’infini sur les serveurs du monde entier.

Mais plutôt que de régler le problème une fois pour toutes en abolissant ces frontières invisibles imposées par le droit d’auteur, notre cher Parlement européen, histoire de faire plaisir à tout le monde, a trouvé la parade.

Dorénavant, une nouvelle loi baptisée Digital Single Market et concernant la « Cross-border portability » (portabilité transfrontière) va permettre aux citoyens européens d’être rattachés à un pays et donc de pouvoir accéder au catalogue FR partout en Europe s’ils sont français. Ça va donc régler la moitié de mon problème qui est de pouvoir finir un film commencé en France, dans un autre pays de l’UE.

Mais l’autre moitié de mon problème à défaut d’être réglé, s’aggrave.

Comment ?

Et bien quand j’allais par exemple en Islande (ou que j’utilisais un VPN islandais – c’est moins cher ^^), je pouvais découvrir de nouvelles œuvres réservées à mes amis vikings. Ainsi, je pouvais m’enrichir culturellement en découvrant les « catalogues » Netflix d’autres pays. C’était bien.

Mais grâce à l’Europe, c’est terminé. En bon petit français, je serai donc cantonné aux productions audiovisuelles que les ayants droit ont décidé de réserver au marché français (oui, car nous sommes un « marché »). Et je parle de Netflix, mais cela vaut aussi pour les restrictions par pays de YouTube et j’imagine que c’est valable pour Amazon Prime Video, Spotify, Deezer…etc.

Cette loi sur la portabilité transfrontière (transfrontalière ?) des données est donc une demi-solution qui règle un petit problème, tout en générant ce qui à mes yeux est maintenant un gros problème : Celui de la censure des contenus en fonction de la nationalité de l’internaute. Avant cela, on pouvait encore contourner la restriction avec des VPN, mais après le 1er avril 2018, date d’application de ces nouvelles règles (oui, et c’est loin d’être une blague), comme votre compte sera rattaché à un pays, même en passant par un VPN allemand, vous continuerez à accéder à du contenu réservé aux Français.

On est donc bien sur une loi qui génère une forme de censure culturelle et intellectuelle et qui emprisonne les utilisateurs de ces services, permettant aux ayants droit de nous diviser en petits groupes pour maximiser leurs profits.

À mon sens, ce que la Commission européenne et les acteurs comme Netflix auraient dû défendre, c’est tout simplement l’abandon de cette notion de frontières dès qu’on parle d’Internet. Les mêmes données, les mêmes contenus pour l’ensemble des habitants de la planète. Et voilà. Problème réglé.

Cela aurait été une avancée majeure pour la culture, mais aussi une manière de combattre la censure et la main mise de certains sur ce qui devrait revenir à l’humanité dans son ensemble. Et pour ceux qui auraient peur de se retrouver avec des milliers de films Bollywood dans leur Netflix, je tiens à leur dire que techniquement ça n’aurait pas été un problème. Il aurait toujours été possible de segmenter les contenus en fonction des intérêts de l’utilisateur comme c’est le cas actuellement par exemple sur YouTube, sans pour autant imposer un blocage ou une censure de contenu étranger au pays d’origine de l’abonné.

Bref, même si ces règles peuvent sembler améliorer le confort des utilisateurs européens, elles génèrent selon moi un effet de bord hyper négatif qu’on peut appeler de la censure.

Mais évidemment, tout est packagé, markété comme étant un bon en avant dans le progrès. Notez donc qu’une fois encore, on nous prend pour des cons.

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Source: korben

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